Productions halieutiques et aquacoles mondiales

La production mondiale de produits aquatiques augmente de manière constante depuis le milieu du XXe siècle. Cependant les captures par pêche stagnent depuis les années 1990 où un plafond de production a été atteint aux alentours de 90 millions de tonnes. La production aquacole est quant à elle en croissance permanente. En 2014 la production par pêche à destination de l’alimentation humaine a été égale à celle de l’aquaculture. L’aquaculture devient donc majoritaire et devrait atteindre 57% des volumes mondiaux en 2025 selon la FAO. 56 millions de personnes travaillent dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture en 2014, pour 4,6 millions de navires de pêche, dont 75% sous pavillon asiatique.

Source FAO 2017 : Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture

Pêche

Cette pression sur les stocks sauvages peut entrainer une surexploitation de la ressource. Ainsi, au niveau mondial, la proportion de stocks surexploités est passée de 10% en 1975 à 30% en 2014. Concernant les stocks européens, la tendance récente est à l’inverse, suite aux mesures de gestion de la politique commune des pêches (PCP) diminuant les capacités de pêche par des plans de sortie de flotte et des restrictions de captures. En effet, le nombre de stocks exploités au rendement maximum durable (RMD) est passé de 2 à 39, entre 2005 et 2015, soit près de 60% des stocks européens. Dans le même temps, le nombre de navires en France métropolitaine passait de 5350 à 4200, et les quantités débarquées de 600 000 à 450 000 tonnes.

Source FranceAgriMer 2017 : Les filières pêche et aquaculture en France

Dans le cadre d’une gestion européenne, les stocks de poissons sont annuellement évalués par le  Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) et le Comité Scientifique, Technique et Economique des Pêches (CSTEP). En fonction des données disponibles, les scientifiques émettent des  avis sur les possibilités de captures au niveau européen pour l’année suivante, espèce par espèce et zone par zone. Ces avis sont ensuite discutés au sein de la commission européenne pour déterminer les TAC (totaux admissibles de captures). Ces TAC sont ensuite répartis entre les différents pays européens en fonction de leurs antériorités de captures, puis transformés en quotas nationaux, constituant des droits à produire, distribués aux organisations de producteurs. Une part du quota national est réservée aux pêcheurs qui ne sont pas affiliés à une OP. Contrairement à la France où la gestion reste collective, la majorité des pays européens ont développé un système de gestion par quotas individuels transférables (QIT), où le pêcheur est propriétaire de son droit à produire. L’ensemble des stocks ne sont cependant pas gérés au niveau européen et de nombreuses espèces côtières sont gérées de manière nationale ou régionale.

Source IFREMER : Comment sont gérées les ressources 

Les principaux producteurs européens sont l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni

 

Source EUMOFA 2016 : Le marché européen du poisson

Les pêcheries françaises sont très variées et peuvent être catégorisées selon leur méthode de pêche (arts trainants, arts dormants) et/ou leur méthode d’exploitation du navire (pêche industrielle, hauturière, côtière). Pour mieux comprendre ces différents types de pêche, rendez-vous sur le site de l’IFREMER. 

Les principales thématiques d’actualité sont :

–        Le Brexit : la fermeture des eaux britanniques aux navires européens aurait des conséquences importantes sur la flottille de pêche hauturière bretonne et normande qui travaillent beaucoup dans ces eaux.

–        Le renouvellement de la flottille : les navires vieillissants (26 ans de moyenne d’âge) peinent à être renouvelés, malgré une conjoncture plutôt favorable depuis 2015 avec un prix élevé du poisson à la 1e vente et le prix du carburant relativement faible.

–        Le navire du futur : de nombreuses recherches sont en cours pour imaginer le(s) navire(s) de pêche de demain, avec pour objectif : une plus faible consommation de carburant, une meilleure sélectivité, un meilleur confort à bord pour l’équipage, une meilleure valorisation des captures.

–        Le déficit de main œuvre : malgré une rémunération attractive, les jeunes marins sont peu nombreux à embarquer dans le métier de la pêche. Les armateurs ont donc parfois recours à de la main d’œuvre étrangère pour compenser.

Aquaculture

L’aquaculture mondiale est dominée par l’Asie, représentant près de 90% de la production d’animaux aquatiques. Les productions sont très diversifiées et concernent aussi bien les poissons que les algues, les mollusques et les crustacés. Alors que la part des produits de l’aquaculture atteint 55% de la production en Asie, elle atteint seulement 18% en Europe en 2014. Les principaux producteurs de l’Union Européenne en valeur sont le Royaume-Uni, la France, la Grèce, l’Espagne et l’Italie. Les mollusques bivalves (moules, huîtres et palourdes) prédominent en Espagne, en France et en Italie. Le Royaume-Uni produit principalement du saumon, tandis que la Grèce produit surtout du bar et de la daurade. La Norvège est le premier producteur mondial de saumon.

Source FAO, 2017 : Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture